Spread My Boobs

May 2011 | Lyon – New York – Montréal – Québec – San Francisco

Lancement : le Télaethon

1er article en lecture sur mon journal : http://journal.laetitiadebruyne.com/telaethon-2011-voyage-et-performance-a-linternational-appel-aux-dons-5282

Lancement : Point projet

2ème article en lecture sur mon journal : http://journal.laetitiadebruyne.com/telaethon-2011-point-projet-raf-6118

Lancement : Concrétisation

3ème article en lecture sur mon journal : http://journal.laetitiadebruyne.com/telaethon-2011-et-les-seins-voleront-6827

Warrior boobs

Finale­ment Spread My Boobs sera bien war­rior de niveau 5 : http://t.co/vBDpnrh

J-7

J-7 : je stresse totale­ment à l’idée de par­tir en vacances. Rien n’est prêt mais les seins se por­tent bien, merci.

J-2

C’est parti pour une nuit de liste de voy­age, de jour­nal de bord à con­fig­urer, d’idées folles à noter pour plus tard!

Suivre mon voyage

Le journal de bord complet est réservé aux donateurs, comme prévu initialement. Toutefois, il est fort possible que je live-tweet certains moments en fonction des réseaux disponibles. Vous pouvez donc vous abonner à mon compte http://twitter.com/delaBruyne. Les tweets seront automatiquement synchronisés avec mon compte Facebook pour ceux qui m’ont en contact.

And you will know me by the trail of boobs

Envolée saisie par Thomas Carrage, le sauveur de 4h du matin.

2h de sommeil, tout va bien.

Le changement de tenue dans le parking de l’aéroport : finalement moins de temps que prévu pour faire les cons en photo…

Sur ce, je file prendre mon train, see ya guys!

Note en transit #1

Zurich, correspondance. Perte imminente du téléphone portable, les douaniers l’avaient rangé dans le sac à dos d’un autre voyageur.

Petites listes, mauvaises siestes pour finalement atterrir sans encombres à JFK.

Lyon.

New York. Fichée, listée, imprimée. La prochaine fois, je leur propose un scan de boobs.

Après la douane. L’aéroport est curieusement vide.

Sous terre #1

Ici les gens se parlent sans se connaitre, ne jugent pas de l’accent pourri de l’autre et improvisent des shows de breakdance avant de disparaître dans le sifflement de la rame.

Manhattan, de passage

Les poubelles aux trottoirs.
Les églises aux coins.
Les érables aux terrasses.

Les garages pour riches.

De l’humour new-yorkais.

Dans le creux d’un grillage, une morsure de lumière.

NY B(.)(.)BS

Bien arrivée, il fait un temps de malade, après deux heures à chercher un truc convenable à manger, j’ai fini au pub… ;)

26 years old, dude

Le videur me demande ma carte d’identité à l’entrée du pub. Young boobs.

Repos

Explication logique de l’expression “Rest Room” : la pièce où tu vas te reposer après avoir trop bu. Tiens, ils font de la bière ambrée à Brooklyn.

Note en transit #2

Il est 7 heures du matin heure locale et j’ai déjà un paquet de choses à raconter sur cette première journée. Présentement, 11h de train pour Montréal m’attendent, sans Internet. Cela sera l’occasion de finir la rédaction de certains articles et de dérusher quelques photos.

Innernote #1

Du besoin de voyager seule pour garder chaque expérience intacte, sans accroche masculine, pour ne plus fuir plus tard une ville, un pays, une culture, un jour, parce que, quelqu’un, quelque part, m’aura fait souffrir. Comme d’autres auparavant. Voyager pour quitter, voyager pour reconstruire.

Cover the days like a tidal boob wave

Rappelle-toi combien tu apprécies les voyages en train. 11h à combler, quand les mots ne résonnent pas encore assez pour s’écrire, il reste les inondations périphériques pour donner un sens à ton cours.

Non, je ne resterai pas.

Vieux rose.

Nous nous inondons.

Pour finalement émerger à la cité de Montréal.

Un peu de sain

Pique-nique, fruits frais, démonstration de danse contemporaine au parc. Repas maison. Oubli des deux derniers jours de malbouffe.

Recherche de contacts photo sur Montréal pour mise en place sur les prochains jours. Magasinage.

L’atelier et la source de peinture.

La noob découvre enfin l’origine d’un grand nom de l’informatique.

Y’avait du soleil à cette époque.

Compère ninja-Jackson.

Aller-retour

Aller-retour Montréal – Québec : 100$. Le Canada, le pays qui ne favorise pas les voyages en train. Phoque. Ou 87$ en bus, c’est pas plus glorieux.

Sous terre #2

Rencontre d’un doctorant français dans le métro qui se propose de me guider jusqu’au magasin Omer de Serres à Montréal Trust. Il étudie la relation Internet et démocratie.

Il préconise que chaque pays continue de mettre en place ses propres lois pour ne surtout pas créer une structure internationale à la manière de l’ONU sur laquelle nous n’aurions aucun contrôle.

Dix minutes de discussion et chacun file de son côté.

Moutarde

Jean-Philippe, le gars qui a détruit mes rêves de petite fille à propos de la moutarde de Dijon.

La plus grosse production de graines de moutarde provient du Canada : http://fr.wikipedia.org/wiki/Moutarde_(condiment)#Production
Et après vérification, l’appellation ”Moutarde de Dijon” ne désignerait non pas une production de terroir mais bien une recette. Résultat, je pourrai bien trouver de la moutarde de Dijon made in USA. Hum. 

Politisation du voyage

Vendredi 13. Se mettre enceinte pour (mieux) avorter. Bloody boobs.

J’ai mal à mon Canada

Il y a dans la présence de Stephen Harper, nouveau premier ministre canadien depuis peu, un danger latent concernant certaines libertés durement acquises, ici au Canada mais aussi partout ailleurs. Contrairement à ses prédécesseurs, il est ouvertement croyant et tout le monde connait son appartenance à l’Alliance chrétienne et Missionnaire, une organisation religieuse chrétienne protestante d’orientation évangélique :

L’organisme cherche à améliorer l’information du public sur des questions qui préoccupent la communauté évangélique, et agit en tant que groupe de lobbying pour influencer les activités législatives touchant aux questions telles que la liberté de religion, la définition du mariage, la pornographie infantile, et les droits à l’avortement et droits du fœtus. (http://en.wikipedia.org/wiki/Evangelical_Fellowship_of_Canada)

En arrivant à Montréal, l’ami Jean-Philippe Murray m’a expliqué plus en détail en quoi la présence de Stephen Harper pouvait potentiellement être un gros risque pour perdre des décennies de progrès social. Le thème de l’avortement touche directement mes libertés en tant que femme, et même si je ne suis pas canadienne, nous avons aussi en France des lobbies prêts à tout pour nous retirer ce droit.

“J’ai mal à mon Canada”, une mise en scène photographique saisie par Jean-Philippe Murray :

(Je vous les retraiterai mieux en rentrant de voyage, travail limité avec l’EeePC…)

Rck’n'rll in Mntrl

Je ne sais pas où je vais finir la nuit mais je vais d’abord manger des frites belges puis danser à un concert ska.

Trve local fact

Un québécois natif bourré est impossible à comprendre, même en buvant autant que lui.

Ska concret

Scène alternative. Ska. Costumes en règle. Carcans. Convention.

Innernote #2

“Attends 5 minutes” et il avait refermé la porte à mon nez pour pouvoir ranger sa vie de garçon célibataire tandis que j’attendais dans le couloir de l’immeuble. Ses efforts n’avaient pas servi à grand chose mais je m’en foutais. Presque pas de vaisselle, le peu vaquait sale dans l’évier, son frigo était habité par une bouteille de lait et de la nourriture sous plastique. De la terre au sol, un grand écran trônait dans le salon.

Habitait-il vraiment là? Le clap-clap des stores extérieurs animait le condo irréel. Et il me souriait un peu désarçonné par mon attitude désinvolte, et je lui souriais un peu coincée de devoir mettre les choses au clair encore une fois.

Moi, deux heures plus tôt. “Tu sais, je voyage seule pour une bonne raison. J’ai besoin d’oublier mes dernières pseudo-histoires de coeur, je ne recherche absolument rien et je ne veux pas que ma venue ce soir dans votre groupe d’amis porte à confusion.” Comment lui faire comprendre que mon cerveau et mon corps se révulsent à la simple idée d’être en contact avec quelqu’un? (Intolérante aux relations, allergique ? malaise, presque un dégoût tellement vous m’avez fait mal)

Il a quand même tenté de m’étreindre avant que je me couche fantôme dans la chambre d’à côté, et je l’ai repoussé une deuxième fois, le coeur lourd en constatant son incompréhension même en ayant écouté – entendu ? – mon discours précédant. J’ai failli pleurer dans cet appartement où tout devenait risible : ma maison sur le dos, mes rencontres superficielles, mes voyages expiatoires, ma solitude chérie.

Condo-blues

Dormir dans un condo pas rangé de célibataire québécois, se faire ramener des croissants ‘français’ mous, boire du café en poudre.

Et avoir juste des sandales pour affronter la pluie.

La forêt borgne, prémices

Pour cause de pluie soutenue, la séance du jour s’est transformée en gloomy pirate boobs. Ça ne devrait pas déplaire.

La forêt borgne

Michèle et moi  étions parties faire du landart au parc. La météo diluvienne avait transformé notre terrain de jeu en marais souriant. Les pieds dans l’eau, nous avons remonté – flibustières au long cours – la forêt engorgée jusqu’à l’isle.

Nous étions tous en voyage, quand un brouillard s’approche,
C’est la forêt des regrets amers, des doutes sans rémissions.

À gauche, une vielle femme me dit:
- Ne faites jamais ce que je fis.
- Qu’est-ce que vous fîtes?
- Je ne fis rien, je ne dis rien de ma vie.

Nous prenons le sentier vers la droite…

J’ai repris la route de la rivière,
J’ai repris le chemin battant.
Elle m’a dit viens cette rivière,
Et j’ai revu tous mes enfants.

J’ai voyagé à travers tant,
J’ai revu le troisième sang,
Et j’ai repris l’âme guerrière,
Et j’ai repris l’âme du combattant.

L’un d’entre nous décide de rebrousser son chemin,
Il y a quelque part derrière lui un remord,
finirais-je avec celui-ci quand je serai mort?
Quand je serai mort, quand je serai mort!
Me dirais-je:

En revenant de la forêt fidèle,
j’ai vu venir les oiseaux de mai.
Ils m’ont dit que cette frontière,
n’est pas plus loin que le premier soir d’été.

Nous étions tous en voyage,
quand cette aube s’approche.
Disparaisse les fantomes du soir de mai,
Mais je n’ai rien oublié.

Épopée humide sonorisée par Bran Van 3000.

El Zaziumm

Putain, j’ai mouru d’un awesome mojito et d’une orgie culinaire mexicaine. Le doggy bag fera pour les trois prochains jours. Lucky boobs.

Je vous recommande chaudement le restaurant El Zaziumm, leur carte bordélique, la décoration complètement loufoque, le personnel super sympa, les plats TRES copieux, les prix assez élevés mais vous pouvez repartir avec le doggybag étant donné la quantité… Bref, allez-y! :)

http://www.tripadvisor.fr/ShowUserReviews-g155032-d684445-r49885120-El_Zaziumm-Montreal_Quebec.html

Roller Derby

Je viens de découvrir le roller derby made in Montréal, ya la même à Lyon! :D

Kinect boobs

Entre deux articles de journal, une petite pause Kinect.

Bringing the cooking back

Prise en main du repas = courgettes rapées + filet mignon aux tagliatelles fraîches avec sauce tomate maison et parmesan + asperges braisées. J’ai fait un québécois heureux.

Spread Our Boobs #1

Propagation de miches à l’internationale! Volume 1, version Montréalaise.

Sous-terre #3

The RESO.
A digital frontier.
I tried to picture clusters of information as they traveled through the tunnels.
What do they look like? Ships, coaches.
With the circuits like freeways.
I kept dreaming of a world I thought I’d never see.
And then, one day… I got in.

Destination Montréal Vieux Port, rencontre avec Stéphanie.

Les pointillés, oranges.

Les reflets, étranges.

La voie, orange.

Born again

Après une semaine de malcafé, joie à Québec en retrouvant des français bien achalandés.

Les origines retrouvées

Refaire le monde (québécois) entre français. Réhausser le niveau culinaire avec de la popotte maison. Il pleut mais ça rayonne à l’intérieur.

Siou(x)plait.

Culbutage.

Je m’antidate

Clope froide, café chaud. Ecrire un peu, un peu plus que ces derniers jours du moins.

L’appartement s’y prête, un gentil bordel qui me rappelle mon ancien appartement, des murs colorés pour trancher avec la grisaille québécoise qui me poursuit – maudite ! – depuis samedi et ses hôtes, ô combien sympathiques, point avares  en discussions énergiques sur moult sujets.

Icite, le café se déguste et cela n’est pas négligeable après une longue période de désert caféiné depuis mon départ de Lyon. Mais quelque part, à quoi bon continuer de boire assidûment une boisson que j’associe au travail, au stress, aux réveils de 5h du matin ? Ce voyage est un succès dans le sens où je suis en vacances : mon rythme de vie est devenu raisonnable, j’ai même le temps de prendre le temps – dingue ! – mais aussi de me poser de trop nombreuses questions, une fois les vapeurs professionnelles dissipées.

J’ai commencé à ressentir un décalage entre mon nouveau rythme de vie et vous autres amis Français dès mon arrivée sur Montréal. En France, vous me connaissiez volubile, assidûment connectée aux réseaux, réactive et spontanée, toujours une blague sur les boobs sous le coude. La mayonnaise du projet a pris grâce à cette énergie, grâce aux réseaux que j’entretiens, grâce à vous que je mitraillais de petites piques en 140 caractères, teasant de partout sur les dons, sur mon incapacité à préparer correctement ce voyage par manque de temps pour finalement décider que de vraies vacances sont des vacances rock ‘n roll et imprévues, totalement décorrélées de ce que j’étais devenue : un fantôme synchronisé à ses agendas demandant à redevenir chair et seins, ailleurs.

Je suis partie en vacances, je suis devenue itinérante, au début à la merci du moindre spot Wifi pour checker mes mails, pour balancer mes 140 caractères. Et puis j’ai ressorti mon Moleskine pour de bon, mon fidèle destrier fonctionnant sans batterie et sans réseau. Joie. Je me rappelais. Avant, j’écrivais, vraiment. Tout ce qui traversait mon cerveau hyper-actif se couchait sur papier et parfois, j’en publiais des bribes dans mon journal. Aujourd’hui, mes mots sont mangés immédiatement par Twitter et relayés sur Facebook. J’écris petit, nerveusement, sur trop de sujets pour rester réellement intéressante à lire. A me relire.

Les quelques uns qui me suivent depuis de nombreuses années (2003?) se rappelleront l’autre Laeth, celle qui publiait peu, de manière plus posée, plus mélancolique aussi. Cette Laeth-là montrait aussi ses seins parce qu’elle en avait déjà rien à foutre des regards et s’amusait à se mettre en scène pour d’autres. Cette Laeth-là prenait le temps de suivre ses illuminations et de s’accomplir en images, en mots, en web. Parfois sans public.

Au final, je me demande si ce voyage peut rester assez personnel pour que je puisse renouer avec l’écriture et la mise en scène sans sentir la pression des réseaux à chaque pas : “Alors quand est-ce que nous montre tes boobs ?” “Ya pas assez de boobs!” “Qu’est-ce que tu fais pendant ton voyage ?” “On veut notre nom sur tes boobs !” “T’es encore vivante ? Tu n’as rien posté sur Twitter depuis deux heures…” “Je veux plus de photos!”.

J’ai envie de partager ce voyage, vraiment, mais pas de la manière que vous connaissez, pas sur le rythme de la Laeth 2.0 qui fuse toute la journée. J’ai envie, et j’ai besoin, de vivre pour me confronter, de m’éloigner pour produire et revenir vers vous plus calme, plus réfléchie. Donner un sens au cours, adapter le cours à la démarche, pour produire chair et mots bien entendu.

Peut-être que vous n’aimerez pas cette Laeth-là, le revival roux-acide propulsé à l’encre, alors peut-être que vous devriez vous demander si Internet ne vous a pas faussé dans votre jugement de ma personne et si vous n’êtes pas devenus à votre tour une machine à consommation devant un énième écran, lobotomisés par le simple mot,

BOOBS

The boobs stripes

Plages en itinérance autour de  Québec et rencontre avec mon totem, une chouette chouette.

Pour la petite histoire, cette photographie n’est pas truquée ;) En direct de la plage de Beauport!

nathalie+mathias+laeth

Le trio, l’île, la chouette patibulaire, la plage contaminée, l’église réformée cirque, la bière.

Not a sein(t)

(maman si tu me lis, ne me renie pas de l’héritage)

Local show

Regarder Shérif fais-moi peur en québécois, c’est… une expérience locale facultative remplie de pubs pouhahaha

Disconnect

Il y a trampoliniste sous roche.

Reconstruction tactile #1

Les pires choses se défont parfois toutes seules à proximité réduite, petit à petit.

Il m’avait invité à poursuivre la conversation dans son appartement, en sous sol comme beaucoup au Québec. J’avais accepté en ne sachant pas vraiment comment gérer l’attirance que j’éprouvais, ce qu’il espérait et mes vieux démons qui me bridaient le corps. C’était trop tôt, trop compliqué dans ma tête, mais je me sentais bien avec lui, juste un peu plus détendue, émerveillée par son quotidien, suspendue à ses yeux rieurs. Son appartement n’était pas rangé, comme tous ceux que j’avais traversé depuis le début de mon voyage. Dans son petit salon à l’abri des regards, j’ai fini par lui demander de me rouler un joint de weed pour me détendre. Mon cerveau était alors affreusement stressé par mes histoires de changement de billet d’avion et par l’organisation pour le covoiturage le lendemain tôt. Ça me bouffait les neurones, littéralement. Un peu de drogue pour apaiser mes pensées, mon voyage et l’attirance physique à gérer.

Malheureusement, l’herbe n’eut absolument pas l’effet escompté et empira mon stress, ce que je n’ai jamais compris. Il devint tel que je me remis à gromeler en ne trouvant pas des mots simples pour expliquer mon “problème”. Problème de peau. Être en contact physique m’était encore intolérable, absurde limite psychologique que je m’étais fixée après décembre.

Mon état ne le perturba pas plus que ça. Il essaya au contraire de décoincer la situation en me demandant d’exposer les problèmes un à un, de telle sorte que je puisse reprendre le contrôle de ma pensée emballée. C’était pourtant tellement simple et évident, tellement ridicule et frustrant. Deux heures passèrent, jusqu’alors prostrée dans le canapé, mon corps finit par se détendre un peu. Je le touchais progressivement de ma paume et pour une fois, je ne tressautis pas. Progressivement, j’ai commencé à dompter mes peurs en m’accrochant à sa dreadlock.

Entre enclume et marteau

19/05 14h : Je veux pas (re)partir.

19/05 16h : Finalement, mon avion pour San Francisco part à 13h et non pas à 6h comme dans mes souvenirs, c’est pas plus mal :) SF J-1

20/05 11h : Vivante, je prends bien l’avion de 13h (fuckin compagnie), tant pis pour mon reportage, tant pis pour les rencontres, je vous mail asap…

20/05 13h : Bah en fait non. 24h de folie, je rate mon covoiturage/avion pour SF, changement de plan, je vais pouvoir boucler mon reportage.

20/05 14h : SNCF: tel, 5mn d’attente pour vérifier des conditions d’annulation de vol de d’autres compagnies QU’ILS CONNAISSENT DEJA BORDEL #vachealait

20/05 15h : Faire un voyage rock n’ roll, ça coûte cher. La prochaine fois, je pars en stop! Maintenant, place à l’interview de la journée :)

20/05 20h : Interview, check. Maintenant sieste, puis publication de chouettes boobs, puis rédaction du reportage, puis bièèèèèèèèèèèères

22/05 12h : Je crois que le dieu du Rock ‘n’ Roll a définitivement pris possession de mon… voyage.

Ma vie pourrait être un cirque

Tout a commencé pendant le covoiturage m’emmenant de Montréal à Québec mardi. La conductrice, metteuse en scène pour une chorale de Québec nous parlait de son métier et au fil de la conversation, elle évoqua les églises de la ville dont une transformée en école de cirque. L’idée de ce lieu de culte reconverti m’intrigua au plus haut point et je pris note de m’y rendre et, pourquoi pas, de faire un papier dessus.

Je devais repartir jeudi après-midi pour Montréal. La veille, mercredi, mes hôtes, Nathalie et Mathias, après une virée sur l’île d’Orléans et la plage de Beauport, m’emmenèrent à l’école qui se trouvait tout près de chez eux. A l’accueil, on nous proposa de monter pour regarder les entraînements depuis la cafétéria. Une grande baie vitrée nous séparait du coeur de l’église où les acrobates faisaient bonds et jongleries. C’était simplement… irréel. Le bâtiment avait été dépouillé de ses meubles de culte mais l’architecture demeurait intacte et offrait un gigantesque écrin à leur créativité, sous le plafond repeint de bleu. Cordes, trampolines, scène, vélos, et des sourires sur tous les visages malgré l’effort physique demandé par leurs enchaînements.

Je ne pouvais pas rester derrière la vitre, non, tout m’appelait de l’autre côté, avec cette impression de retomber en enfance. Je revoyais mes années de gymnastique et de grimpette aux arbres se réveiller. L’appareil photo en bandoulière, je me suis approchée d’un jeune homme sortant de la salle et le plus naturellement du monde, il nous invita à passer de l’autre côté pour apprécier les entraînements.

Émerveillement. J’ai vite oublié de prendre des photos pour satisfaire mes yeux devant leurs tours. Ils étaient de partout, provoquant bruits et exclamations, cerceaux autour des corps, planche à bascule, trapèze, répétant sans cesse dans une jolie frénésie colorée. Ignacio, le trampoliniste qui nous avait accompagné, nous donna quelques explications sur  le fonctionnement de l’école et les différentes  pratiques, nous proposant de revenir le lendemain après-midi pour la répétition générale du spectacle prévu pour début juin.

Mon covoiturage de retour était prévu jeudi à 16h, la répétition commençait à 15h, nous devions rester une demi-heure avant de me conduire au point de rendez-vous à Sainte-Foy. Ce que nous fîmes et ce qui provoqua en moi une énorme frustration de quitter aussi vite un spectacle de qualité, toute cette énergie positive, toutes ces personnes jouant avec leur corps et qui réveillaient en moi l’envie d’écrire, de comprendre, de partager. En quittant l’école de cirque, mon cerveau commença immédiatement son processus de bataille interne, où la raison me guidait vers le covoiturage pour arriver sur Montréal le soir-même en prévision de mon décollage le lendemain à 13h et mon instinct qui ne s’était jamais manifesté aussi fortement depuis mon départ de France, me dictant de rester encore une nuit de plus pour côtoyer les acrobates. La scène de la voiture était risible, je grommelais dans mon coin en m’exclamant par moment, essayant de peser aussi vite que possible le pour et le contre, pestant contre mon planning précis m’interdisant cet écart. Je décidais finalement de ne pas partir tout de suite, en prenant le risque de partir tôt le lendemain matin pour rattraper mon avion. Retour à l’école.

La répétition terminée, je me suis approchée du directeur pour lui demander s’il avait quelques minutes à m’accorder pour mon idée de papier sur la reconversion de l’église. Il me proposa de nous revoir le lendemain à 13h, seul moment disponible de sa journée. 13h, l’heure de mon décollage de Montréal pour San Francisco. Gasp. J’avais déjà pris une tonne de notes sur mon Moleskine pour préparer cette interview mais l’horaire proposé, incompatible avec mon putain d’emploi du temps assombrit ma soirée, alors que je tenais un truc, une idée, j’avais vraiment envie d’écrire un article sur leur monde.

Nous nous sommes réveillés tôt pour m’emmener de nouveau au lieu de rendez-vous du covoiturage. Quelque part, je me suis demandée s’il n’y avait pas une forme de destin : la ville était congestionnée par les voitures se rendant au travail (c’est là que je me suis rendue compte que j’étais vraiment en vacances : j’avais oublié que les humains travaillaient en temps normal), nous sommes arrivés quinze minutes en retard au point de rendez-vous, ma voiture était déjà partie… 8h30 sur le parking, je ne voyais pas comment arriver à temps pour attraper mon avion. Faire du stop et prendre le risque de débarquer en retard à Montréal ? Échanger mon billet d’avion pour le lendemain ? Nous sommes rentrés, il faisait beau, gros brunch, puis j’ai passé une heure au téléphone avec la compagnie aérienne pour trouver une nouvelle date et finalement débourser 200€ de supplément. Je repartais lundi pour San Francisco.

La bonne nouvelle avec cette tournure rock ‘n roll du voyage était la possibilité de me rendre à l’école à 13h pour mon interview, ce que je fis. Yves, le directeur, m’accorda une demi-heure et me laissa de la documentation et des photos pour mon article, même si je n’étais pas journaliste pour un quotidien. Je lui promettais de lui envoyer mon texte par email pour relecture suite à une récente publication de Libération remplie de coquilles. Voilà. J’avais du son, des notes, de quoi concrétiser mon élan journalistique, ce type d’écriture avec lequel je voulais justement renouer à l’occasion de  mon voyage. Je suis restée une partie de l’après-midi à regarder de nouveau les acrobates, puis sieste de récupération de ma courte nuit, pour finalement rejoindre vers minuit leur gang dans le centre-ville, boire des russes blancs, discuter avec certains d’entre eux également français, les écouter parler technique et matériel.

Je profitais du samedi pour prendre le soleil (enfin !), à regarder des dessins animés intelligents tels que Metalocalypse et South Park en bonne compagnie. L’article en question est présentement en cours de maturation. Ici dimanche, il est presque midi, je pense reprendre la route ce soir pour Montréal et m’envoler enfin, après deux faux départs, demain 13h pour San Francisco. J’ai du mal à quitter Québec, vous l’aurez compris. Nathalie, Mathias et l’école de cirque m’ont accueilli à bras ouverts. Vite. Repartir, encore une fois, même avec autant de bonnes raisons pour rester, m’attacher, vivre.

:/

Vous laisser des plumes

Humeur à tire d’aile,
le collier-trophée s’amenuise au fil des rencontres.
Une plume dans chaque foyer qui compte.

Empty streets.

Empty skies.

Empty head.

Innernote #3

Quelle importance donner au virtuel, à l’informatique, aux réseaux, aux sites web, à mon travail, quand on peut toucher, quand on peut s’émerveiller, quand on peut rencontrer, croiser, faire vibrer les cordes de son arc, toucher les gens, concrétiser le vrai en vous parlant, quand on peut forger un présent qui soutiendra de ses fondations nos plus sombres recoins, quand on peut trouver de l’importance dans la terre, bénir les matins blottis, regarder la route comme une expérience à plusieurs, quitter les outils factices que nous finissons par croire importants, se réveiller le lendemain de cette mascarade, amers, en manque, prêts à se replonger dans les 60h par semaine – on en redemande ! – éborgnés par le besoin de salaire, vendant à tour de bras nos cerveaux engourdis – vite un shoot! – pour gagner un mois de plus, la terre, les cris, les larmes n’ont pas leur place parmi vous, non vous voulez produire, vendre un service, on met l’étiquette “utile” pour assommer la conscience, on finit par y prendre goût quand la masse plussoie, on cause bits, on peint pixels, on se regarde à peine le matin par peur de toucher le miroir et de scruter une carcasse vide, et pendant ce temps on fait des listes de rêves pour plus tard, quand le plus tard gagne deux ans tous les six mois on s’indigne sur Twitter, “non mais je suis bonne dans ce que je fais“, alors quitte à avoir un monde bordélique je prendrais bien la tangente en brûlant ce qui m’étouffe puisque personne ne peut me promettre un lendemain meilleur à la  hauteur de mes espérances quand je reprends vie loin de vous autres machines.

(Je m’étais mentie en pensant que ce que je faisais de mieux ce sont des putains de sites Internet.  La vérité ? Je suis bonne à être lucide, je suis bonne à être curieuse, je suis bonne à mettre de l’énergie dans n’importe quel projet qui me tient à coeur. Alors quelle importance mettre dans mon autre vraie vie ? Non mais sans déconner, des sites Internet ?)

a . while

silence . distance . keep quiet . and my soul will (maybe) survive . while our bodies are seeking

Leaving the cousins

Je quittais la ville de Québec tôt ce matin en covoiturage avec Allo-Stop. Plus de 20$ de taxi pour rejoindre le point de rendez-vous mais au moins cette fois-ci, je me débrouillais sans embêter Nathalie et Mathias. J’eu de la chance dans mon blues, le conducteur était pilote et partait lui aussi de l’aéroport de Montréal, il accepta sans aucun problème de m’emmener avec lui (8$ de bus économisés).

Le temps était pourri en partant de Québec, cela ne m’aida vraiment pas à trouver le sourire. En une semaine, la nature bordant l’autoroute s’était gorgée d’un jeune vert, encore en retard sur le printemps que j’avais laissé à Lyon. Et puis finalement, de voyager en compagnie, cela accélère l’oubli, on se cale sur la vitesse du véhicule, emporté dans le même élan, on finit par ne voir plus que la route devant soi. Et le voyage.

Le “détour” au Québec avait finalement duré plus longtemps que prévu, un peu par “malchance”, un peu par choix, mais aucunement regretté. Cette partie du voyage devait initialement me permettre d’oublier rapidement le travail car j’y retrouvais des amis et connaissances. En filigrane, c’était aussi l’occasion de revenir dans un pays que j’avais plus ou moins associé à un douloureux échec amoureux. Or le Québec n’était pas que cela, ça ne devait pas rester cela, surtout avec toutes les belles personnes qui y habitent.

J’ai enfin rencontré deux montréalais que je cotoie virtuellement depuis des années, Michèle et Jean-Philippe, j’ai enfin recroisé Louis-Thomas, et puis aussi Nathalie et son chum Mathias, expatriés français demeurant à Québec pour encore quelques jours, j’ai eu l’agréable surprise de découvrir Stéphanie, Frank et Ignacio, qui m’ont tour à tour emmené dans leurs univers “juste comme ça”.

Le Québec sera probablement la partie la plus nostalgique de mon voyage, parce que j’ai vraiment le coeur lourd à l’idée de ne pas revoir toutes ces personnes avant un moment, parce que je n’ai pas vraiment découvert de nouvelles choses, j’y ai surtout retrouvé des souvenirs refroidis pour mieux les confronter avec le printemps (digne de la Bretagne, en passant).

À vous tous qui m’avez accueilli à bras ouverts, hail aux glorieux jours que nous venons de partager, ma maison vous est ouverte à tout moment pour refaire le monde, à nouveau, ensemble. ♥

Il est temps de repartir, non?

À Montréal, départ à 13h29, escale à Phily puis San Francisco dans la nuit, longue journée à venir… tellement dur de vous quitter :(

4 things

Ok, San Francisco here I come. Garde-moi du soleil, des surfeurs, des légumes bio et du putain de rock ‘n’ rollll!

Maman, mes boobs ont raté l’avion!

A la sortie de l’avion à Philadelphie, je fis connaissance avec deux québécois super sympas, nous bûmes, nous mangeâmes, nous discutâmes, ils me prirent même en photo pour ce journal. J’en ai oublié l’heure et j’en ai raté ma correspondance pour San Francisco…

Full metal boobs.

Marko et Martin, en partance pour la Floride.

A la recherche du waïfaï perdu.

Je vous laisse, je ne voudrais pas dormir dans l’aéroport comme mister Cage. ;)

Innerflight #1

Le Kansas, ça tangue sévère.

Reconstruction tactile #2

J’ai joué à la cougar d’un soir avec un jeune californien pseudo romantique passionné par la France et ses vins. Et probablement par ses françaises. La nuit confirma vite que j’oublierai cette histoire sans saveur dès le lendemain.

J’aurai au moins impressionné la faune locale par les bienfaits cachés de la chair made in camembert.

Where the fuck are the vegetables ?

Je me suis dit “Chouette un gros paquet de carottes râpées au frigo“. Ben en fait non, c’est juste du cheddar.

Blue girl

Passer dans une ruelle remplie de vieux clodos black, se faire interpeller par “Hey sexy baby”, reconnaître plus loin les notes d’une chanson adorée.

I’m so far in, I can’t get out
So far in, I can’t get out
So far in, I can’t get out

Blue Man Group au Golden Gate Theatre.

Vroummm

Voir quatre grosses cylindrées avec des sacs de voyage passer devant la fenêtre et faire snif.

Running through the hills

Déambulations frôlant le zigzag. Un escalier en recoin gravit sévèremment la colline. Le passage s’étouffe vite, la montée étale alors ses secrets colorés.

Entre deux rangées de maisons, on chemine par le nez, enchanté par les odeurs du chèvrefeuille mélées au bois encore humide d’hier.

Une saignée de forêt en plein San Francisco, dont on monte patiemment les étages, sans se presser, pour profiter encore de la fraîcheur de ses murs verts, l’oeil ravi par les petites maisons nichées le long, l’oreille amusée par les gazouillements des siffleurs cachés.

Innernote #4

Mon rythme de vacances s’est comme liquéfié depuis mon arrivée à San Francisco. La faute à la météo locale, à l’ambiance générale de la ville. Ici tout est cool. On ne se fait pas écraser à chaque coin de rue, les trottoirs sont propres, les locaux aimables, la météo démente pour ma peau de rousse. Tout est bien, équilibré, lumineux, agréable à vivre. Les quartiers ne se ressemblent pas, certains sont moins bien famés que d’autres mais je ne me suis jamais sentie en insécurité, contrairement en France où se faire accoster dans la rue n’est jamais bon signe.

J’ai couvert une grande partie de la ville à pieds, pris quelques photos, beaucoup de notes. Je ne me lasse pas de me promener ici, à errer sans but précis. J’en suis même arrivée à faire un footing seule hier soir. Ici, les gens courent de partout. D’ailleurs, il y a trois choses à retenir : les habitants sont fiers de ce qu’ils sont et l’affichent ouvertement (chinois, italiens, gays, geeks), ils ont presque tous des petits chiens de race (surtout dans les collines) et ils font tous du sport (le nombre de coureurs en fin d’après-midi est impressionnant sur les collines).

Finalement, mon cerveau a totalement décroché de mon emploi du temps français. Nouveau décalage. J’avais quitté Québec et Montréal en souffrance. Les journées grises avaient fini par plomber mes vacances et tout ce qui m’avait retenue prisonnière 15 jours avant était remonté à ma gorge. Vomissures. Épuisement et mal-être, toujours cette impression de ne pas être réellement à ma place dans le milieu professionnel que j’avais laissé derrière moi.

Le jour-même de cet état de “crise”, j’en parlai à Nathalie et Mathias, qui comprirent que trop bien mes inquiétudes.

Arrivée à San Francisco, j’ai commencé à établir des listes, sur tout. Sur ce que je considérais comme important à mes yeux, professionnellement et personnellement. Ces listes ne me donnent pas une solution toute prête à appliquer. Elles sont simplement le mérite de m’aider à mieux comprendre ce que j’imagine de meilleur pour mon retour en France.

Joie.

10km à pieds plus tard, 9 quartiers aux ambiances totalement différentes, du soleil, de la verdure, quelques mots alignés.
A perfect sunset from the hill to end this great walking day ♥ Lucky eyes. 

Back to vegetables for good

V8 + courge butternut poëlée + asperges vapeur. Demain je fais une razia de fraîcheur au marché chinois!

Innernote #5

Toujours cette impression d’habiter nulle part. Les humains restent ma plus grosse interrogation. J’ai croisé de belles personnes, et curieusement, les plus épanouies, les plus inspirantes, furent celles qui avaient de l’amour dans leur vie. Concubins ou enfants, leur aura, palpable. Je vous envie vous qui avez un compagnon / une compagne de voyage, qui vous donne une raison de sourire le matin, de vous battre tous les jours et de vous lancer dans des projets qui prennent tout leur sens à deux.

Je voyage, je rencontre, je croise, je note, j’esquisse un sourire le temps de vous voir et vous disparaissez de mon radar. Oh oui, je multiplie les expériences, les sensations, les lieux, les centres d’intérêt, je note tout dans mon carnet, mais à quoi bon?

En papillonnant autant, en rencontrant autant, je reste profondément seule trop de matins. Le célibat par fierté ou par auto-médication est ma plus belle mascarade. La solution par le travail est ma plus belle fuite. “Occupe ton cerveau, occupe ton agenda et tu oublieras que tu n’es qu’une conne qui se lève seule le matin. Et qui ne peut pas vraiment partager tout ce que tu vis le jour.”

À quoi bon rêver en grand ? Je rêve de personnes normales à la vie équilibrée.

upon us

de la bruyne upon San Francisco. loves the weather. needs trees. and ocean.

Reconstruction tactile #3

Berner un roux, check. ;)

Rebelle

L’ultra-classe from San Francisco : porter des lunettes de soleil avec l’antivol, genre je suis trop rebelle. Want da same!

Red Jack Saloon

Déambulations sur Fisherman’s Warf, bain de foule, à la recherche d’un gros burger à 16h. La plupart des restaurants affichaient une longue queue de touristes attendant de manger. D’autres ne me disaient rien. J’ai quitté le port le ventre vide.

Quelques jours plus tôt, j’avais repéré un bar à quelques mètres seulement de chez Léo, le Red Jack Saloon. La musique semblait plutôt orientée vieux rock et la clientèle globalement plus vieille que les étudiants attardés que nous avions croisé les soirées d’avant. En fouillant sur Internet, je lus de très bonnes critiques à propos de ce petit pub à la frontière de la zone touristique et affichant clairement ses couleurs pour l’équipe des Red Skin de WC.

Affamée, je me suis dirigée vers le Red Jack Saloon et me disant qu’il y aurait au pire des conneries pour me faire patienter jusqu’au dîner. La serveuse du bar, une jeune black imposante, foulard coloré autour de la tête, m’envoya avec le sourire dans la cour derrière le bar quand je lui expliquais ma faim. Une association locale au profit des vétérans organisait un barbecue à volonté pour 5$, awesome.

Je me suis donc installée dans la cour en me servant copieusement de burgers maison et de ribs grillés. Toutes les générations étaient représentées : une vieille black encaissait et tamponnait nos bras, un grand gaillard barbu gérait le grill et nous servait, un gamin indien jouait sur les épaules de son père. Dans cette ambiance très locale, je me suis faite discrète en essayant de comprendre leur anglais rapide.

Après une demi-heure, j’ai entamé la discussion avec la mamie black à propos du but de cet évènement de fond de cour. Elle m’expliqua donc qu’ils étaient une organisation non-lucrative qui collectait l’argent pour des causes locales comme pour aider les plus démunis et les anciens à trouver du travail. Au fil de la conversation, j’expliquai que je venais de France et repartais la nuit même pour New York. Elle me présenta aux autres personnes de la cour et ainsi m’accueillirent dans leurs conversations.

J’avais passé bien trop de temps à m’apitoyer sur mon sort, mes misères sociales et affectives, et puis j’ai découvert le Red Jack Saloon, ses habitués, son barbecue. Et je me suis sentie comme chez moi, de nouveau.
Pour 5$, j’ai eu de la chaleur humaine, de la conversation avec les autochtones, des coups gratuits payés par des mamans et de quoi égayer définitivement ma journée mal démarrée (la bière ambrée a très certainement tenu un rôle, mais qu’importe!).

Go go Red Jack!  :)

Inner SF blues

Merde, kidnappez mon Moleskine, je communique plus avec lui qu’avec les vrais gens. Freaking alone in my fucked head.

La lente remontée vers l’Est

L’impression se confirme au fil des miles : ce voyage est un échec. Je suis partie précipitemment pour trouver un peu d’oxygène ailleurs, pour renouer avec des valeurs créatives qui semblaient importantes et encore d’actualité. Après trois semaines de vadrouille, je constate amèrement que mes rêves de performance ne sont pas aussi facilement réalisables que ce que je souhaitais, que je suis encore une fois tributaire de l’argent, des véhicules, des personnes pour accomplir mes idées. Parce que les idées ne manquent pas, je n’ai jamais autant écrit, jamais autant imbibé mes yeux d’endroits propices à l’expression corporelle et jamais autant été frustrée de devoir reléguer ces mêmes idées à l’oubli parce que voyager seule, ça a ses limites techniques. Mais le plus horrible est de se rendre compte que ces trois dernières années à travailler comme une acharnée avait gommé une partie de ma sensibilité. Je ne suis plus la même, et j’ai cru pouvoir la redevenir en trois semaines.

Ce voyage est un échec car j’ai dû me rendre compte que j’avais oublié ce que le mot vacances signifiait. Toute cette liberté retrouvée d’un coup m’a premièrement grisée et permit d’oublier le stress d’avant. Mais on ne change pas un cerveau qui mouline aussi rapidement, je me suis vite remémoré ce que j’avais laissé derrière moi en France. Horreur de la lucidité : j’avais fui et j’allais revenir en France avec un oeil nouveau sur mon quotidien, sans savoir comment gérer la période post-vacances et le décalage entre mes aspirations et ma vie, ravivé par la distance.

nyback

New York, too hot, too much dirt, travel too long, too much words to publish. And just one day to find the beauty of the city, erk.

ouaijailesboules

Désormais, je fais la grève du tourisme, c’est vraiment une activité pour riches (cons).

Rare beer

Effervescence ouvrière autour de Ground Zero. Costumes, cravattes, yeux effarés sur mon teeshirt troué. Je n’ai toujours pas trouvé d’endroit où boire une bonne bière. Hésitation. Retourner en mid-town dans le coin où j’étais déjà sortie avec Rece ? Restaurant dans Little Italy? (près du serveur beau gosse façon Jack Sparrow, graouh) Sandwich à la sauvette dans la rue, au risque de repartir avec une gastro? Pinte méritée dans un bar local ?

Demander à un métalleux où boire une bonne bière et se faire recommander l’irish pub que j’avais visité à mon premier passage. L’instinct n’avait pas trompé. So, Molly Wee again. Fresh beer, frakin’ cool burger, rock music, proximité avec un studio d’enregistrement donc pas mal de musicos. Définitivement mon pied à terre new-yorkais.

Généralités des Amériques

Ils mettent systématiquement des glaçons dans les verres d’eau. jamais de carafe sur la table, ils viennent reservir régulièrement si nécessaire. économie d’eau.

Leurs pains ont rarement de vraies croûtes comme chez nous, les seules fois où j’en ai retrouvé c’était chez les italiens. de manière générale, l’amérique du Nord consomme énormément de pains différents : pain de mie, bagels, muffins anglais, pain à burger. La baguette reste rare et un plat de riche.

Le café est très dilué par rapport à celui que nous avons l’habitude de boire mais il a l’avantage d’être servi généralement à volonté. Finalement, après avoir pesté pendant deux semaines sur le manque de bon café, je m’y suis faite, que ça soit chez Starbuck ou ailleurs : il a l’avantage de ne pas exciter mon cerveau comme en période de stress professionnel.

À SF, certains restaurants appliquent une taxe supplémentaire de 4% pour les cotisations du personnel (assurance maladie etc).
Les prix indiqués sont toujours sans les taxes comme de partout en Amérique du Nord, une pinte de bière ne coûtera donc jamais 5$ (ça paraissait intéressant).
Il faut bien penser à laisser un tip (pourboire) à la personne qui vous rend le service (serveur de bar/restaurant, conducteur de taxi/navette) correspondant à 18% (entre 15 et 20%) du prix facturé. Cela correspond tout simplement à son salaire. Ce système, même s’il est contraignant pour nous Français (calculs supplémentaires) permet d’ajuster le tip en fonction de la qualité du service rendu. C’est pourquoi toutes les personnes qui m’ont servi étaient toujours très souriantes et soucieuses de mon confort. Cela ne fait jamais de mal d’être bichonné. ;)

Fait amusant, de nombreux escaliers extérieurs aux immeubles et maison s’affichent en Amérique du Nord. Je me demande encore pourquoi ils les montent ainsi. Dans certains cas, ils permettent d’accéder au niveau supérieur des bâtiments, d’autre fois ils servent d’escaliers de secours et sont repliés. Mais pourquoi donc ne les mettent-ils pas à l’intérieur ?

crazyshit

Manger une salade SANS VIANDE à Brooklyn, ça n’a pas de prix.

Jetlag

Alive in Lyon. Some crazy pics in the airport, coming tomorrow. In the meantime, kiss thx bye.